Le poète belge André Doms, est mort, 94 ans, nonante 4 comme on dit en Wallonie, L’herbe qui tremble est triste, il fut l’un de nos soutiens, l’un de nos auteurs fidèles, 9 manuscrits apportés avec une tendre confiance. 9 livres publiés. Des poèmes, des essais. Observateur hors pair, il témoignait de son époque en relatant ce qu’elle avait de beau, la littérature, les arts. Il en fit des chroniques où s’entremêlaient tous les âges. L’art, le lien entre les siècles, ce qui fait l’homme. Pas la guerre qui défait l’homme. C’est dans ses livres.
André était un ami. c’était un homme joyeux, qui avait faim de la vie, l’un de ses mots préférés, combien de fois a-t-il envoyé son bras d’honneur à la Camarde, c’était à lui de décider quand il l’accueillerait.
Vivre, réunir, accepter les autres, tous, frères et sœurs humains, l’accueil était une nature chez André, les mains s’ouvraient, enlaçaient, prenaient, et transmettaient joie et bonheur, encore l’un de ses mots : « Le bonheur, m’a-t-il dit un jour, c’est les autres. » C’était un sourire, de ce sourire sortaient des pensées lumineuses, abhorrant la sottise, il savait faire surgir de tout ce qu’il regardait le meilleur, rien n’était totalement sombre, c’était un homme des Lumières. Il voyait l’âge obscur revenir, la Peste brune qu’il avait connue, il n’en voulait plus, il la regardait se rapprocher de nous avec tristesse, et colère, lui qui n’aimait que la lumière.
Évoquer André, c’est lier son prénom à celui d’Hélène, sa compagne, son amie, son amoureuse, voilà qui est dit, Hélène et André. Doms, comme elle l’appelait parfois avec malice.
Grâce à ses livres, grâce à Hélène, nous savons la permanence d’André.
Pour terminer, une seule phrase d’André, page 27 de son dernier recueil de poésie publié, Entre-temps :
« Tâche seulement à ne pas garder la joie dans tes filets et, sitôt pêchée, rends-la au flot, de plein droit. »
Editeur de L’herbe qui tremble, Thierry Chauveau
